04.04 2020

À quoi ressemblait le théâtre au XVIIIe siècle ?

Théâtre
Image À quoi ressemblait le théâtre au XVIIIe siècle ?

Depuis sa popularisation par les dramaturges grecques durant l'antiquité, le théâtre a connu de nombreuses évolutions notables. Le XVIIIe a été notamment marqué par le quasi-abandon de la tragédie pour faire apparaître un genre qui invite la gaieté tout en se servant de tribune pour l'expression des idées de révolutions des philosophes des Lumières.

Les plus grands représentants français de cette époque se nomment Beaumarchais, Marivaux et Diderot.

Un théâtre populaire au courant contestataire

Le décès de Louis XIV en 1715 mit un terme à une période où les maitres-mots sont " rigueurs " et " austérités ". Le divertissement a ainsi connu un important regain d'intérêt, et cela a conduit à la réouverture d'un certain nombre de théâtres et la quasi-totalité affichait complet à chaque représentation. Et même pour les représentations en plein air se déroulant en pleine nuit dans le cadre d'une foire, le public vient toujours en masse.

Le XVIIIe siècle a été marqué également par un regain de force du vent de contestation déclenché par les philosophes des lumières. Ces derniers sont notamment nombreux à exprimer dans leurs écrits la remise en cause de la monarchie et de la noblesse. Ce vent a également atteint le monde du théâtre qui fait apparaître de nouvelles représentations dédiées, sous couvert de divertissement, à traiter ces sujets polémiques.

Pic de popularité pour la comédie

Au cours du siècle précédent, la tragédie reste le genre le plus affectionné. Ce qui n'était plus le cas au XVIIE Siècle. En effet, le public avait un intérêt de plus en plus réduit aux intrigues basées sur les religions et les mythologiques. Mais comment certains œuvres tragiques ont-ils donc pu survivre jusqu'à notre époque ? Cela est dû en grande partie à leur caractère plus dramatique que tragique.

La popularité de la tragédie au XVIIIe Siècle était même très faible par rapport au drame bourgeois, une nouveauté à l'époque, mais qui malheureusement, n'a pas survécu avec le temps. Les partisans de ce genre nouveau appréciaient surtout la non-soumission à la rigueur de la tragédie et à la caricature de la comédie. Ils s'identifiaient par ailleurs facilement aux problèmes sociaux et familiaux traités dans les pièces. Ce genre était cependant victime des principes moraux stricts qu'il préconisait.

La comédie était tout de même le genre qui avait le plus de popularité à l'époque. Elle tirait notamment son succès de la diversité des thèmes qu'elle traite, bien qu'elle se revendique de Molière. En critiquant la société et en adoptant un ton contestataire, elle a eu un rôle à jouer la survenue de la révolution.

Des auteurs aussi illustres les uns que les autres

Un auteur suffit en lui seul pour caractériser le théâtre du XVIIe Siècle en France : Marivaux. Le nom du dramaturge est en effet attaché aux pièces les plus célèbres entre 1700 et 1750, des pièces dominées par les thèmes du cœur et de la psychologique laissant une grande place à la subtilité de langage. On peut notamment citer Le Jeu de l'amour et du hasard, l'Ile des esclaves et les Fausses Confidences.

La deuxième moitié de ce siècle, deux autres auteurs sont parvenus à faire de l'ombre progressivement à Marivaux. Le premier d'entre eux, Diderot, est qualifié de théoricien du drame bourgeois. Il se faisait en effet connaître dans le monde du théâtre de par des pièces références comme Le Fils naturel et le Père de famille. Le deuxième, Beaumarchais, est la première référence de la comédie, étant à la source d'œuvres cultes comme Le Mariage de Figaro (1784) et L'Autre Tartuffe ou la Mère coupable (1792) et Le Barbier de Séville.